Camélia japonica Higo © Agnès Pirlot

Un coup d’œil dans le jardin d’hiver de Yukiko

Le jardin de Yukiko à Beersel est peuplé de camélias, de viornes d’hiver, de bruyères et d’arbustes à feuillage persistant qui illuminent le jardin en plein cœur de l’hiver. Nos rédacteurs ont visité son magnifique jardin d’hiver. Jetez-y un coup d’œil et laissez-vous inspirer!

Les jardins et plantes, les passions de Yukiko

Yukiko est une grande dame du jardin. Elle a passé son enfance dans la campagne près de Hiroshima au Japon.

“Ma famille avait une belle propriété mais ce n’est que lorsque j’ai eu mon propre jardin que je me suis intéressée aux plantes. J’ai suivi des cours chez Jelena de Belder à Kalmthout. Elle nous montrait des fleurs, des feuilles ou des tiges avec un enthousiasme vraiment communicatif. Je revenais avec des légumes japonais qu’elle cultivait dans son potager.»

Jardin de promenade avec vue vers les prairies et les bois

Le jardin de Yukiko se situe à Beersel, à flanc de colline, avec une dénivellation assez forte qui descend vers la vallée du Molenbeek.

« Ce que j’ai essayé de faire, c’est un jardin qui s’intègre de façon naturelle dans son environnement. Une partie du jardin est ceinturée de haies qui donnent une certaine structure mais l’ensemble est naturel dans le sens où les plantes indigènes et les cultivars s’associent harmonieusement. »

Une allée d’herbe guide naturellement les pas vers une petite pièce d’eau et, de part et d’autre, vers des îlots de plantations bordés de haies où se mélangent des érables champêtres, du ligustrum, du charme et des hêtres verts et pourpre. Ce n’est pas vraiment un parc paysager mais un jardin promenade qui invite à la découverte et offre différents points de vue vers les prairies et les bois.

Un petit jardin zen a été créé sur un talus très pentu à l’arrière de la maison. Il est bordé par un escalier de pierres plates et de graviers blancs qui ruissellent comme une cascade. « Il évoque mon pays, ma jeunesse, ma famille. Nous y avons installé des pierres moussues, des bouquets de bambous et des petits conifères. Il faut le voir au printemps, lorsque les azalées du Japon sont en fleurs, c’est un spectacle merveilleux. »

Une promenade dans le jardin d’hiver

La promenade dans le jardin de Yukiko est un régal pour les amateurs de plantes rares. La fin de l’hiver est une période particulièrement faste dans le jardin avec des feuillages persistants, des baies colorées, des écorces remarquables et des fleurs précoces qui défient le froid.

Des tapis de bruyères et d’hellébores animent les sous-bois. De larges couvertures de Pennisetum alopecuroides tapissent les talus, se balançant doucement tout l’hiver au gré du vent. Les viornes, Viburnum tinus, embaument les massifs dès le mois de novembre puis se renouvelle en mars-avril, en corymbes terminaux blancs ou blanc rosé pour la variété ‘Lilarose’.

Comme dans les jardins anglais, les véroniques arbustives forment de joli coussins au bord de la terrasse. Ces buissons au feuillage persistant se déclinent en des dizaines d’espèces et de variétés. L’Hebe pinguifolia au feuillage gris argenté est le plus vigoureux. Le feuillage vert foncé de l’Hebe buxifolia ressemble beaucoup à celui du buis. Très résistants à la sécheresse, mais parfois sensibles au gel, ces arbustes au port compact se plaisent dans un sol parfaitement drainé.

Le camélia a une grande importance

Tout en haut du jardin, dans les sous-bois, Yukiko a commencé il y a dix ans une remarquable collection qui assemble aujourd’hui près de trois cents camélias.

«Le camélia est une fleur de mon enfance, discrète, à la floraison éphémère. Symbole de la simplicité, on l’utilise dans la cérémonie du thé. Une seule fleur est déposée dans une coupe. Au Japon, il y a des montagnes entières couvertes de camélias sauvages. En revenant de l’école, il y avait des haies fleuries sur le chemin vers la maison. Je cueillais les fleurs et je
grignotais les pistils. C’était très sucré et délicieux.»


Visiter le jardin d’hiver ?

Veuillez trouver plus d’informations sur le site web des jardins ouverts.


Texte : Agnès Pirlot

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